Mercredi 30 septembre - #23
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Chaque soir, avant de rentrer, ce que la rédaction retient vraiment de la journée : un édito à chaud, les infos à ne pas manquer, pourquoi ça compte et ce qu'il faut suivre dans les prochains jours, et une nouvelle tech pour la route.
Mal câblé. Le local n'a plus la cote. CMA Media vient de le rappeler en changeant la ligne éditoriale de ses chaînes BFM locales restées sans repreneur, faute d'offre satisfaisante. Paradoxe : à quelques mois d'une présidentielle où chaque candidat jure que tout se joue au plus près des Français, les médias de proximité n'arrivent plus à en vivre. Alors ils s'adaptent. Sud Ouest se vend, en négociations exclusives avec Rossel. Le Télégramme se diversifie, dans l'emploi avec HelloWork et sur scène avec les Francofolies. La Dépêche du Midi mise sur le Rose Festival. Les petits annonceurs, eux, ont changé de partition et choisi la douce musique des plateformes. Morale de l'histoire : plus besoin de télécommande pour se faire zapper.
Bonne lecture,
Vincent Thobel
Rédacteur en chef adjoint
Les trois news à ne pas manquer aujourd'hui : ce qu'il s'est passé, pourquoi ça compte et ce qu'il faut suivre dans les prochains jours.
Business is business. CMA Media renonce à vendre ses neuf chaînes BFM locales, mises sur le marché fin juin. Le groupe conservera sept d'entre elles et fermera BFM Dici et BFM Normandie, faute d'offre de reprise jugée suffisamment solide.
Pourquoi c'est important ? Ce revirement dit tout du calvaire des télés locales françaises : coincées entre une pub locale qui a filé chez Meta et Google, et des collectivités qui n'investissent plus, dixit Claire Léost elle-même dans le Figaro. Plutôt que de vendre à la découpe, CMA Media préfère tout garder et bricoler sa propre transformation plus… business, en misant sur des ponts avec La Tribune, BFM Business et leurs événements en région, façon sommet IA à Marseille. Une manière de troquer le local pur jus contre l'économie et l'entreprise, une pirouette qui pourrait bien inspirer d'autres télés locales dans la même galère.
À suivre : La présentation, dans deux semaines, de l'organisation détaillée du nouveau réseau aux représentants du personnel, dans le cadre de la procédure d'information-consultation, ainsi que les mesures d'accompagnement prévues pour les salariés des chaînes BFM Dici et Normandie.
Auto censure. Les grands patrons de l'IA, Elon Musk, Sam Altman, Mark Zuckerberg, Jensen Huang ou Dario Amodei, ont adopté un code de bonne conduite sur la base du volontariat, sous l'œil satisfait de Donald Trump, hostile à toute régulation contraignante.
Pourquoi c'est important ? Quatre niveaux de contrôle sur le papier, contrôles internes, équipes dédiées, évaluations externes, comités indépendants, et Donald Trump qui s'enflamme : “presque comme une Constitution”. Sauf que 82% des Américains s'inquiètent du rythme de l'IA selon CNN, pendant que le président positive à fond, au point de faire rebaptiser officiellement l'IA “super intelligence” dans son administration, le mot original étant jugé trop négatif. Le sénateur Mark Warner n'est pas dupe : changer de nom ne change rien aux risques. Cerise sur le gâteau, Anthropic reconnaît elle-même dans son prospectus boursier des “risques existentiels pour l'humanité”, pendant qu'OpenAI venait de renoncer, la veille, à un modèle jugé trop dangereux. Faites vos jeux !
À suivre : Une possible codification de ces engagements volontaires sous forme de lois contraignantes, évoquée dans le texte même de la charte, ainsi que l'issue des élections de mi-mandat du 3 novembre, où l'IA s'impose comme un sujet de campagne à part entière.
E = Epsilon. Le réseau social Epsilon, développé par les entrepreneurs français Stéphane Dubreuil et Thomas Rocafull, a annoncé son lancement officiel après plusieurs mois de tests en version bêta.
Pourquoi c'est important ? Epsilon coche toutes les cases du contre-modèle : pas de revente de données, algorithmes publics, et une modération qui vérifie avant de publier plutôt qu'après le drame. Stéphane Dubreuil résume la promesse en opposant frontalement Epsilon à la logique d'engagement à tout prix de ses concurrents. Sympathique sur le papier, sauf que la souveraineté numérique européenne a déjà son cimetière de tentatives avortées, et miser sur le “Fédiverse” (contraction de fédération et univers) ne garantit pas franchement de faire le poids face à des géants aux moyens sans commune mesure.
À suivre : La capacité d'Epsilon à convaincre au-delà d'un cercle d'utilisateurs déjà acquis à l'idée de souveraineté numérique, et à démontrer que sa modération a priori, plus stricte que celle de ses concurrents, ne freine pas sa croissance.
Tic, tac, tech…
Le coup de la panne. Coup de théâtre au DevDay d'OpenAI : en pleine démo devant 2 500 clients, la prod tombe en panne, et c'est le produit lui-même (la nouveauté d’OpenAI), l'agent personnel Dots, qui sauve la mise en la réparant. Beau clin d'œil pour lancer la réplique au Muse de Meta, sorti il y a moins d'un mois. Sam Altman assume : “nous sommes capables de construire beaucoup de choses utiles sans un nouveau modèle”, la veille même de l'annonce d'un renoncement à la nouvelle version d'Astra. Traduction : on freine sur les modèles de pointe, jamais sur les produits qui en découlent. La concurrence, elle, n'attend pas : Muse a déjà séduit 500 000 essais en une semaine, et Instinct vient de lever un milliard de dollars pour une valorisation à plus de 10 milliards. La ruée vers l'or des agents personnels commence, reste à savoir si les utilisateurs accepteront de leur confier agenda et boîte mail, pile quand les IA multiplient les dérapages.
Claude, dessine-moi un graph’ : sur le black friday à l’heure de l’IA.
Selon la dernière étude Black Friday de Klaviyo, menée auprès de 6 750 consommateurs dans huit pays dont 1 000 en France, 68% des Français prévoient de recourir à un assistant IA pour leurs achats de fin d'année. Plus de détails demain dans Première Édition.
La revue pressée
Du cinéma au rugby, Canal+ engrange les soutiens face à une hausse possible de la TVA - Les Echos
Avec l’aval de Trump, les patrons de l'IA promettent de s’autoréguler - Stratégies
AI Overview : le sursis des annonceurs ne durera pas, selon Publicis Connected Media - The Media Leader
Mark Penn: ‘We’re it in terms of a fourth alternative’ - The Media Leader UK
Avant le 7 octobre : Les Social Media Awards organisés par The Media Leader et Reworld Media reviennent pour une deuxième édition ! Ce prix vient récompenser les meilleures campagnes, stratégies et idées issues de l’écosystème social media en France.
Agences, annonceurs, créateurs de contenus, plateformes, prestataires ou régies ayant mené une opération sur Instagram, TikTok, Facebook, Snapchat, X, YouTube, Twitch, Pinterest, LinkedIn, ou BeReal sont invités à candidater.
Les Social Media Awards France sont ouverts à toute organisation ayant conduit une initiative social media pilotée depuis la France ou à destination d’un public français. Plus d’infos.
14 octobre : Le Connected TV Paris Summit revient pour sa troisième édition ! Cet événement met en lumière le contexte du marché de la CTV, la stratégie commerciale des régies et des marques, les stratégies de distribution, l’innovation des services et les avancées technologiques pour aider les dirigeants de la télévision, des plateformes, des agences et les annonceurs à exploiter de nouvelles opportunités et à relever les défis de l’attention et de la fragmentation des audiences. Plus d’infos.
💡 Rendez-vous demain dès 00h10 dans Première édition.
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