Mardi 13 octobre - #32
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Chaque soir, avant de rentrer, ce que la rédaction retient vraiment de la journée : un édito à chaud, les infos à ne pas manquer, pourquoi ça compte et ce qu’il faut suivre dans les prochains jours, et une nouvelle tech pour la route.
Complètement foot ! Si le football est un monde de requins, les plateformes de streaming en sont les plus gros prédateurs. Netflix s’est offert les droits de la Coupe du monde en Espagne et lance son sprint sur le sport en direct en Europe. La plus grande compétition de la planète (avant ou après les JO, chacun son école) pourrait n’être qu’un début. Face à un acheteur de cette taille, les enchères ne peuvent que grimper, et la LFP, échaudée par le fiasco DAZN, se prend à rêver. La partie ne fait que commencer, et comme chez Olive et Tom, on n’est pas près de voir la ligne d’arrivée.
Bonne lecture,
Vincent Thobel
Rédacteur en chef adjoint
Les trois news à ne pas manquer aujourd’hui : ce qu’il s’est passé, pourquoi ça compte et ce qu’il faut suivre dans les prochains jours.
Fútbol de la calle. Netflix a annoncé mardi avoir acquis les droits de diffusion de la Coupe du monde masculine 2030 en Espagne et en Andorre, soit l’intégralité des 104 matchs.
Pourquoi c’est important ? Ce n’est plus un coup isolé, c’est une trajectoire. Netflix a d’abord pris les Coupes du monde féminines aux États-Unis, il s’offre maintenant le Mondial masculin sur un grand marché européen : le sport en direct, longtemps chasse gardée des chaînes, devient pour les plateformes l’outil de l’audience de masse. Les obligations de gratuité en Espagne rappellent que les États tiennent encore à ce que les grands événements restent accessibles à tous, mais le rapport de force se déplace. À terme, les droits sportifs pourraient se jouer moins entre diffuseurs nationaux qu’entre quelques plateformes mondiales, capables d’amortir leur investissement sur plusieurs marchés et de le monétiser par l’abonnement comme par la publicité. Pour la télévision traditionnelle, déjà fragilisée par le recul du marché publicitaire, c’est un signal : le direct, sa dernière forteresse, n’est plus à l’abri. La France, où beIN Sports et M6 se partagent 2030, n’est qu’un répit.
À suivre : Les prochains droits sportifs sur lesquels Netflix se positionnera, et le choix de la chaîne en clair espagnole qui diffusera les matches de la Roja, des demi-finales et de la finale.
Course en solitaire. Au troisième trimestre, Publicis a vu sa croissance organique accélérer à 5% sur un an, à plus de 3,8 milliards d’euros de revenu net, au-dessus du consensus des marchés.
Pourquoi c’est important ? Publicis ne fait plus la course en tête, il court seul. Le groupe pèse 25,1 milliards d’euros en Bourse, plus qu’Omnicom et WPP réunis, avec un cours en hausse de 13% depuis janvier quand celui d’Omnicom recule de 5%. Arthur Sadoun remercie presque son rival : depuis la fusion avec IPG, le marché ne compte plus que trois géants mondiaux, qui se partagent à peu près tous les gros pitchs. De quoi choisir ses combats : Publicis a lâché Coca-Cola en finale pour signer en direct avec Pepsi, et le résultat se lit chez JP Morgan, avec un gain net de 2,2 milliards de dollars de budgets au trimestre, contre un solde négatif pour Omnicom (-0,3 milliard) et WPP (-1,3 milliard). Ces contrats rapporteront plus de 400 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2027. Et si les clients rechignent à lancer leurs grands chantiers de transformation, ils ouvrent grand le portefeuille pour l’IA, ce qui a remis Sapient dans le vert aux États-Unis.
À suivre : La capacité de Publicis à surperformer l’industrie une huitième année consécutive en 2027, un objectif porté par les contrats déjà gagnés, et le retour dans le vert de Sapient à l’international attendu au dernier trimestre.
Quand la musique est bonne. Deezer lancera avant la fin de l’année, dans le monde entier, une option d’activation et de désactivation qui masque des résultats de recherche les titres et albums entièrement générés par IA, ainsi que l’artiste associé.
Pourquoi c’est important ? Deezer passe de la transparence au bouton on/off. La musique 100% IA ne pèse que 1 à 3% des écoutes, mais la plateforme en reçoit près de 90 000 titres par jour, plus de la moitié des livraisons les jours de pointe. Le but, selon elle, est surtout frauduleux : en 2025, jusqu’à 85% des écoutes de ces morceaux étaient truquées, et elles sont exclues du calcul des rémunérations. De quoi inquiéter les créateurs, dont près de 25% des revenus pourraient être menacés d’ici 2028, jusqu’à 4 milliards d’euros selon la CISAC et PMP Strategy. Côté public, le test est cruel : 97% des sondés par Ipsos n’ont pas su faire la différence à l’aveugle, mais 80% réclament un étiquetage clair. Deezer, qui licencie désormais sa détection aux autres acteurs, en fait un argument de différenciation, quand d’autres plateformes laissent toujours la question en suspens.
À suivre : Le déploiement mondial de l’option avant la fin de 2026 et les éventuelles mesures supplémentaires évoquées par Deezer, comme le retrait ou la démonétisation de certains contenus, qui ne seraient prises qu’après un examen approfondi.
Tic, tac, tech…
Tellement Meta. Meta débarque dans la cour des grands avec Muse Wonder et Muse Wonder Full, qu’elle présente comme ses modèles les plus capables, un pas de plus vers la “superintelligence personnelle”. Selon Artificial Analysis, Wonder Full décroche 56 sur son indice d’intelligence, devant Claude Fable 5.1 et GPT-6 Astra (53 chacun), mais encore derrière Claude Opus 5.5 (58). Pas de quoi convaincre tout le monde : Bindu Reddy, patronne d’Abacus.AI, juge Muse Wonder “nulle part près du niveau de Fable ou d’Astra” et promet des benchmarks détaillés. Côté prix, Meta s’aligne sur Opus 5.5 à 4 dollars le million de tokens en entrée pour le Wonder standard, quand Astra et Fable en facturent 10 et 50. Quant à Wonder Full, il est réservé aux abonnés de Muse Code à 50 ou 200 dollars par mois.
Claude, dessine-moi un graph’ : sur la publicité dans ChatGPT un mois plus tard
Un peu plus d’un mois après l’arrivée de la publicité dans ChatGPT en France, le baromètre mensuel de Kantar sur l’adoption de l’IA montre que l’information change fortement la perception du format. Plus de détails demain dans Première édition.
La revue pressée
En Allemagne, un débat s’ouvre autour d’une taxe sur l’IA - Les Echos
Pepsi chez Publicis : Ramon Laguarta (Pepsi) promet plus d’investissements publicitaires - The Media Leader
Future 100 Club: Class of 2026 revealed - The Media Leader UK
14 octobre : Le Connected TV Paris Summit revient pour sa troisième édition ! Cet événement met en lumière le contexte du marché de la CTV, la stratégie commerciale des régies et des marques, les stratégies de distribution, l’innovation des services et les avancées technologiques pour aider les dirigeants de la télévision, des plateformes, des agences et les annonceurs à exploiter de nouvelles opportunités et à relever les défis de l’attention et de la fragmentation des audiences. Plus d’infos.
Jusqu’au 30 octobre : votez pour le Hall of Fame des 20 ans de The Media Leader. Pour marquer ses 20 ans, The Media Leader, fondé sous le nom d’OffreMedia, lance un Hall of Fame. Les lecteurs sont invités à voter parmi plus d’une centaine de personnalités du marché français. Les vingt personnalités distinguées seront célébrées le 17 novembre lors de The Future of Media Paris, au Pathé Palace. Votez ici.
💡 Rendez-vous demain dès 00h10 dans Première édition.
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