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Un scénario catastrophe pour Canal+

TML Briefing, l'after work médias & pub par The Media Leader

Lundi 5 octobre - #26

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Chaque soir, avant de rentrer, ce que la rédaction retient vraiment de la journée : un édito à chaud, les infos à ne pas manquer, pourquoi ça compte et ce qu’il faut suivre dans les prochains jours, et une nouvelle tech pour la route.

Moteur, action ! Dix pour cent a longtemps été le fleuron de la fiction française, avant un passage au long métrage sur Netflix qui n’a pas convaincu les foules. Un autre 10% fait aujourd’hui couler de l’encre sans convaincre davantage : celui de la TVA sur les abonnements de Canal+, que le PLF 2027 propose tout simplement de doubler. Problème : l’impact potentiel d’une telle hausse est plus important que l’augmentation elle-même. Rien n’est encore scripté, mais le marché audiovisuel vit son cliffhanger et demande au gouvernement d’arrêter son cinéma, à défaut de le tuer. Bercy rêvait d’un blockbuster, il pourrait finalement signer un navet.

Bonne lecture,
Vincent Thobel
Rédacteur en chef adjoint


Les trois news à ne pas manquer aujourd’hui : ce qui s’est passé, pourquoi ça compte et ce qu’il faut suivre dans les prochains jours.

Canal + 10%. Maxime Saada, président du directoire de Canal+, a qualifié de “décision absurde” le doublement de la TVA sur les télévisions payantes, de 10 à 20%, prévu par le projet de budget 2027.

Pourquoi c’est important ? Les 433 millions d’euros de résultat opérationnel de Canal+ au premier trimestre ? Un chiffre mondial. En France, c’est une activité “péniblement rentable”, incapable d’encaisser un tel choc, d’autant que les abonnés engagés un à deux ans ne permettent pas de répercuter la hausse en cours de contrat. Reste donc à couper dans les coûts, et d’abord dans le cinéma : le taux réduit est, selon Maxime Saada, le pacte fondateur de Canal+ depuis 1984, en échange d’un financement des films bien au-delà de ses obligations, et le groupe en financerait jusqu’à trois quarts de moins. Le premier financeur du sport en France ajoute n’avoir même pas été reçu par Bercy, et renvoie le gouvernement à la promesse d’Emmanuel Macron, qui appelait il y a un mois à préserver l’exception culturelle.

À suivre : L’examen du projet de loi de finances par les parlementaires, auprès desquels Canal+ compte plaider sa cause, Maxime Saada affirmant que “rien n’est joué”.


Chacun cherche sa plateforme d’achat. Après TF1Pub, le groupe Sud Ouest, France TV Publicité ou encore 366, c’est au tour de Discord de lancer Ads Manager, sa plateforme d’achat simplifiée.

Pourquoi c’est important ? Parce que c’est l’heure de la proximité et de l’automatisation dans le monde de l’industrie publicitaire. Grâce à cette interface, les annonceurs pourront eux-mêmes piloter leurs campagnes sans passer par les équipes commerciales de Discord. Un gain de temps et d’argent non négligeable, donc une opportunité de monétiser davantage le modèle économique de l’application. C’est aussi un enjeu existentiel pour Discord, qui revendique 90 millions d’utilisateurs dans le monde et va devoir trouver le juste équilibre entre son financement publicitaire et l’expérience utilisateur. Bref, il faudra éviter que la pub devienne la pomme… de Discord.

À suivre : Pour l’instant, seul un groupe restreint d’annonceurs peut accéder à Ads Manager, mais Discord a d’ores et déjà annoncé que la plateforme serait en libre-service pour tout le monde début 2027.


Éthique et tech. Google n’en finit plus d’avoir des ennuis avec la justice. Un tribunal new-yorkais vient d’ouvrir la voie à un procès portant sur 3,2 milliards de dollars de dommages et intérêts pour comportement anticoncurrentiel présumé sur le marché des technologies publicitaires impactant directement les éditeurs.

Pourquoi c’est important ? Le juge fédéral de Manhattan a considéré que les méthodes de calcul du préjudice subi par les éditeurs de presse étaient justifiées. Un point primordial, alors que Google militait de son côté pour que ces montants soient revus à la baisse. Il faut dire que les sommes donnent le tournis : une class action regroupant environ 5 000 éditeurs réclame 1,7 milliard de dollars, tandis que USA Today Co. et le britannique Daily Mail and General Trust sont autorisés à réclamer respectivement 900 et 600 millions de dollars ! Depuis que le géant américain a été condamné pour situation de monopole illégal en septembre dernier, c’est désormais une bataille comptable que se livrent Google et ses accusateurs sur la scène juridique. Les droits voisins n’ont qu’à bien se tenir.

À suivre : Aucune date de procès n’a encore filtré, mais on peut déjà se demander si la procédure ne risque pas de relancer les envies de démantèlement de la filiale publicitaire de Google.


Tic, tac, tech…

Les musclés. OpenAI muscle son jeu publicitaire dans ChatGPT : après les premières pubs, place à la preuve. Elle teste avec ses partenaires des mesures géolocalisées pour relier campagnes et ventes réelles, et prépare aux États-Unis un format plus visuel, qui s’affichera pendant la génération d’images, clairement séparé de l’image créée. Côté marques, DoubleVerify et Integral Ad Science évaluent dans un environnement de test, sans accès aux vraies conversations, si les contenus restent compatibles avec les marques. En clair, ChatGPT veut devenir un média comme les autres, avec mesure, brand safety et formats maison.

Claude, dessine-moi un graph’ : sur les stratégies d’acquisition des annonceurs.

Selon l’étude The Data Advantage de Taboola, 30% des annonceurs citent l’acquisition de nouveaux publics comme première priorité pour allouer leurs budgets supplémentaires, des budgets en hausse de près de 10%. Plus de détails demain dans Première édition.

La revue pressée

« Ce sont des marques en devenir » : quand les groupes de publicité se mettent à représenter des influenceurs - Le Figaro


Décisions malveillantes, collaboration et exploitation de failles : comment les agents IA sont devenus les nouveaux pirates du Web - Les Echos


Benjamin Grumbach et Franck Farrugia : « Omnicom Media est le premier contre-pouvoir des plateformes »
- The Media Leader


A day in the life of a media planner: Ocean Outdoor - The Media Leader UK

Avant le 7 octobre : les Social Media Awards organisés par The Media Leader et Reworld Media reviennent pour une deuxième édition ! Ce prix vient récompenser les meilleures campagnes, stratégies et idées issues de l’écosystème social media en France.
Agences, annonceurs, créateurs de contenus, plateformes, prestataires ou régies ayant mené une opération sur Instagram, TikTok, Facebook, Snapchat, X, YouTube, Twitch, Pinterest, LinkedIn ou BeReal sont invités à candidater.
Les Social Media Awards France sont ouverts à toute organisation ayant conduit une initiative social media pilotée depuis la France ou à destination d’un public français. Plus d’infos.


14 octobre : le Connected TV Paris Summit revient pour sa troisième édition ! Cet événement met en lumière le contexte du marché de la CTV, la stratégie commerciale des régies et des marques, les stratégies de distribution, l’innovation des services et les avancées technologiques pour aider les dirigeants de la télévision, des plateformes, des agences et les annonceurs à exploiter de nouvelles opportunités et à relever les défis de l’attention et de la fragmentation des audiences. Plus d’infos.


💡 Rendez-vous demain dès 00h10 dans Première édition.


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