Lundi 7 septembre 2026 - #6
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Chaque soir, avant de rentrer, ce que la rédaction retient vraiment de la journée : un édito à chaud, les infos à ne pas manquer, pourquoi ça compte et ce qu'il faut suivre dans les prochains jours, et une nouvelle tech pour la route.
Disruptive Humans of LinkedIn. Vous connaissez peut-être ce compte parodique qui recense les posts LinkedIn les plus “inspirants”, du type “Ce matin mon fils m'a donné une leçon de marketing”. Ce genre de prose a un nom : la “broetry”, contraction de “bro” et “poetry”. Et depuis peu, elle est officiellement dénonçable sur la plateforme grâce au bouton “This is AI slop”, logique, puisque la majorité de ces contenus sont générés par IA. Cette dernière nous a certes permis d'automatiser des tâches ingrates et d'améliorer nos process. Mais elle a aussi donné naissance à ce nouveau folklore du LinkedIn du dimanche, où l'inspiration se fabrique à la chaîne. Étonné de ce constat, mon fils d'un an m'a d'ailleurs dit ce matin : “papa, je pense que l'IA nous transhumanise pour mieux nous déshumaniser”. Encore une belle leçon de sa part.
Bonne lecture,
Vincent Thobel
Rédacteur en chef adjoint
Les trois news à ne pas manquer aujourd'hui : ce qu'il s'est passé, pourquoi ça compte et ce qu'il faut suivre dans les prochains jours.
Les robots rêvent-ils de shopping ? La banque en ligne Revolut vient de réaliser le premier paiement entièrement piloté par l’intelligence artificielle en France, à partir d’un simple prompt du type : “choisis le meilleur produit et achète-le !”
Pourquoi c'est important ? On le sait, une part grandissante des consommateurs européens utilisent l’IA pour choisir les produits qu’ils veulent acheter. Mais ce n’est que le début. Dans une étude parue en juin 2026 et intitulée Europe’s new e-commerce agenda: How AI is resetting growth and competition, le cabinet McKinsey estime que d’ici 2030, le commerce agentique pourrait être à l’origine de 3 000 à 5 000 milliards de dollars de revenus B2C dans le monde. La course à l’armement IA a commencé depuis longtemps chez les banques : dès avril 2025, Mastercard avait lancé sa technologie agentique de paiement Agent Pay.
À suivre : Le paiement par un agent IA pose un certain nombre de problèmes de droit et de sécurité. Peut-on légalement déléguer à une IA le choix et l’achat d’un produit ? Comment recueillir le consentement et sécuriser ce type de paiement ? Comment éviter que l’IA soit manipulée ou influencée par un tiers afin d'orienter l’achat ? Vous avez deux heures.
Smells like AI spirit. C’est la rentrée, et les messages pseudo-inspirationnels risquent encore de pulluler sur LinkedIn. Heureusement, depuis fin juillet, un bouton permet aux utilisateurs de signaler ces contenus considérés comme de la “bouillie d’intelligence artificielle”.
Pourquoi c'est important ? Il faut dire que ces messages ont en effet envahi la plateforme depuis plusieurs années, au point qu’ils représentent 40% des textes de plus de 250 mots. Ce bouton acte un tournant dans la manière dont les plateformes composent avec l'IA générative. Après des années à intégrer des outils IA dans leurs propres fonctionnalités, comme la rédaction assistée de posts, LinkedIn se retrouve désormais à devoir policer les usages qu'elle a elle-même encouragés.
À suivre : Cette nouveauté permet à LinkedIn d'améliorer la pertinence des messages qui apparaissent sur notre fil d’actualité, qu’ils soient faits avec de l’IA ou non. De quoi revoir les critères de l'influence B2B ?
Juste une illusion. Non, vous n’avez pas plus de trafic sur votre site. L’activité des bots IA bondit à 13% de toutes les sessions web. Au Royaume-Uni, ce trafic est passé de 8% à 13% des sessions web, soit une hausse de 62,5%.
Pourquoi c'est important ? Ces bots ne se contentent pas de grignoter de la bande passante, ils aspirent du contenu protégé pour nourrir des réponses IA qui privent les éditeurs du trafic qu'ils auraient dû recevoir. Résultat : une baisse de 4,6% des revenus des éditeurs numériques au premier trimestre, que l'Association of Online Publishers qualifie déjà de “premiers tremblements d'un séisme”. Et le chiffre officiel sous-estime probablement la réalité : certaines entreprises passent par des sociétés tierces pour aspirer les données sans se faire repérer, une pratique qui brouille les pistes pour les éditeurs cherchant à bloquer ces bots. En France, l’arrivée d’IA Overviews aurait fait baisser de 17% le trafic vers les éditeurs.
À suivre : On surveille la coalition The Standards for Publisher Usage Rights (SPUR). La publication d'une version définitive du standard est actuellement en phase de consultation publique.
Tic, tac, tech…
La bourse ou la vie. Anthropic boucle les derniers réglages avant son entrée en Bourse, avec une ambition qui donne le vertige : une valorisation qui pourrait dépasser 2 000 milliards de dollars. Pour sécuriser ses arrières, la pépite a négocié une ligne de crédit de 15 milliards de dollars, six fois plus que l'an dernier, en jouant la carte classique de Wall Street : plus une banque met sur la dette, plus elle récupère un rôle prestigieux dans l'IPO. Morgan Stanley rafle la mise, Goldman Sachs gère la stabilisation du titre. Reste un précédent qui refroidit un peu l'ambiance : SpaceX avait bondi de 20% le premier jour avant de repasser sous son prix d'introduction cet été. Verdict attendu début octobre à New York.
Claude, dessine-moi un graph’ : sur les acheteurs français face à l'IA.
Une étude mondiale de The Hoffman Agency, menée auprès de 450 décideurs technologiques seniors au Royaume-Uni, aux États-Unis, en France et en Allemagne, révèle une prudence française nettement plus marquée que la moyenne mondiale face aux fournisseurs d'intelligence artificielle.
La revue pressée
Australie : les réseaux sociaux bientôt tenus de permettre la désactivation de l’algorithme - Stratégies
Comment Amazon a transformé Prime Video en machine à vendre - Le Figaro
Comment survivre à l'IA (et à sa mère) ? - L’ADN
« Le futur d’une agence, c’est du conseil, mais aussi du SaaS et de la technologie » - The Media Leader
14 septembre : Le Forum Médias, organisé par l’Union des marques en partenariat avec The Media Leader, Ebiquity et l’Udecam se tiendra le lundi 14 septembre, au Campus BNP Paribas à Levallois-Perret. Une dizaine de groupes de médias sont attendus à cet événement présenté par François Quairel pour dévoiler leurs innovations devant les annonceurs et agences médias. Plus d’infos.
17 septembre : CTRL+Z revient pour une deuxième édition ! La Gen Z n’a pas seulement changé de plateformes et de référents culturels. Elle redéfinit les codes de l’entertainment, mais aussi les mécaniques capables de recruter son attention et de lui donner envie de suivre un programme, un contenu ou un grand événement. Plus d’infos.
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