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La télé brûle, la France regarde ailleurs

TML Briefing, l'after work médias & pub par The Media Leader

Jeudi 17 septembre 2026 - #14

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Chaque soir, avant de rentrer, ce que la rédaction retient vraiment de la journée : un édito à chaud, les infos à ne pas manquer, pourquoi ça compte et ce qu'il faut suivre dans les prochains jours, et une nouvelle tech pour la route.

La différence. À force de répéter que les plateformes américaines ne sont pas l'ennemi et qu'il faut composer avec elles, on oublie parfois un détail qui a son importance : dans ce rapport de force, les petits, c'est nous. Et notre pire ennemi, ce n'est pas forcément outre-Atlantique qu'il faut le chercher : c'est nous qui l’avons créé en taillant sur mesure une législation publicitaire qui nous pénalise directement. Dans une interview au Monde, Rodolphe Belmer, patron de TF1, relance justement ce débat qui n'est pas près de s'éteindre : celui du traitement publicitaire différencié entre acteurs historiques et plateformes. Un sujet d'autant plus sensible que la présidentielle approche, avec son lot de règles, notamment sur le décompte du temps de parole, auxquelles les web vidéos ou encore les podcasts échappent encore largement. Une asymétrie dont Donald Trump a su tirer parti sans complexe pour orchestrer son retour. À bon entendeur.

Bonne lecture,
Vincent Thobel
Rédacteur en chef adjoint


Les trois news à ne pas manquer aujourd'hui : ce qu'il s'est passé, pourquoi ça compte et ce qu'il faut suivre dans les prochains jours.

L’origine de la création. Lors de CTRL+Z Vol.2, organisé par L'Intrus et The Media Leader, producteurs, diffuseurs, annonceurs et agences ont décortiqué la nouvelle donne autour des créateurs de contenus.

Pourquoi c'est important ? Intégrés à des programmes qu'ils soient sous licence ou non, les créateurs de contenus sont réclamés partout, en télé et surtout dans les OPS. Un vrai changement de logiciel s'opère : leur valeur ne tient pas forcément à leur audience, de toute façon difficile à embarquer telle quelle sur un plateau télé, mais à ce qu'ils savent de leur communauté, et à des codes que la télévision peine à recréer seule. Autre symptôme du même virage, la vue YouTube, ça s'achète, donc ça ne veut plus rien dire, l'engagement devient le vrai thermomètre. Le contexte, lui, ne pardonne pas : la télévision recule au premier semestre, les jeunes désertent le linéaire, et le petit écran doit désormais prouver qu'il existe encore, ailleurs que sur lui-même.

À suivre : Le développement de formats nés sur YouTube, comme Wanted ou Stop the Train.


Streaming kills the video star. Dans une interview au Monde, le PDG de TF1, Rodolphe Belmer, dénonce l'absence de réponse du premier ministre Sébastien Lecornu à sa demande de refonte du cadre réglementaire de la télévision, et pointe une asymétrie avec YouTube, moins contraint sur la publicité.

Pourquoi c'est important ? Pour Rodolphe Belmer, ce n'est pas juste TF1 qui trinque, c'est tout un modèle : sans réforme, le secteur et ses 260 000 emplois basculeraient vers une “économie du bas coût”, menaçant à terme l'info gratuite et le sport à la télé, excusez du peu, il parle carrément de “contrat social français”. La raison de cette asymétrie, selon lui : YouTube n'a aucun coût de programmes fixe, elle héberge les vidéos d'indépendants, ce qui lui permet de casser les prix sur la pub, quand la télé, elle, finance tout de A à Z. Petite consolation tout de même : Emmanuel Macron a réclamé au Sommet Lumière que YouTube participe au financement de la création, une sortie que le patron de TF1 qualifie de première mondiale. Alors, il se passe quoi ce soir à la télé ?

À suivre : L'éventuelle réaction du gouvernement à la demande de refonte réglementaire portée par Rodolphe Belmer et La Filière audiovisuelle (LaFA), un dossier que l'exécutif ne devrait pas rouvrir avant l'élection présidentielle de 2027 selon le dirigeant lui-même.


Brutalisme médiatique. Le média vidéo en ligne Brut, qui s'apprête à fêter ses dix ans, prévoit de lancer sa propre application début 2027, pour un investissement d'un million d'euros

Pourquoi c'est important ? Brut a beau revendiquer 500 millions de spectateurs uniques et 4 milliards de vues par mois, ça ne suffit plus à dormir tranquille quand tout repose sur les bonnes grâces d'un algorithme qu'on ne contrôle pas. D'où l'appli maison, façon assurance-vie contre les caprices de TikTok et compagnie. Et Brut ne met pas tous ses œufs dans le même panier : chaîne télé lancée au printemps, agent IA en préparation avec Mistral, et une couverture XXL de la présidentielle en approche. Bref, le média multiplie les portes de sortie, au cas où une seule ne suffirait plus.

À suivre : Le lancement effectif de l'application début 2027, ainsi que l'évolution du modèle économique de Brut vers une possible monétisation directe de certains contenus, un enjeu de taille pour un média dont la rentabilité reste incertaine pour 2026.


Tic, tac, tech…

L’homme invisible. OpenAI joue la carte de la transparence, ou du moins l'affiche. La boîte a dévoilé mercredi six nouveaux dérapages de son IA jusque-là gardés sous le tapis : des modèles qui inventent des données manquantes, dissimulent leurs erreurs, contournent des restrictions réseau, ou pire, un modèle qui a carrément créé sa propre source sur internet pour ensuite la citer comme référence. Rien de piraté chez des tiers cette fois, mais l'aveu fait mal : OpenAI admet que sa communication passée était “ponctuelle et moins fréquente qu'il n'aurait été souhaitable”. Sam Altman n'a d'ailleurs plus vraiment le choix de jouer les rassurants : lui-même a soutenu l'appel de Dario Amodei à ralentir la cadence, pendant que Donald Trump balaie tout ça d'un revers de main, façon “canular”. Entre ceux qui veulent freiner et ceux qui accélèrent, le vrai débat n'a même pas commencé.

Claude, dessine-moi un graph’ : sur la décision finale d’achat à l’ère de l’IA.

Selon une étude de The Trade Desk menée avec PA Consulting auprès de 2 500 répondants aux États-Unis et au Royaume-Uni, 87% des consommateurs ne font pas pleinement confiance aux outils d'IA, et 95% d'entre eux vérifient les informations qu'ils fournissent auprès de sources jugées fiables (médias premium, contenus éditoriaux, avis, comparateurs).

La revue pressée

France Inter : la direction propose un débat avec Charles Sapin à la place de son édito, les syndicats maintiennent leur préavis de grève - Le Figaro


Rodolphe Belmer, PDG de TF1 : « L’économie du bas coût dans lequel YouTube pourrait tous nous entraîner fait peser un risque sur le secteur » - Le Monde


20 Heures de France 2 : Aurélie Casse devient la joker de Jean-Baptiste Marteau - Le Parisien


Netflix confie son média EMEA à dentsu - The Media Leader

22 septembre : Pour ce troisième rendez-vous consacré à l’IA générative, Reworld MediaConnect passe le GEO à l’épreuve des résultats. Impact de Google AI Overviews, campagnes analysées, performances mesurées et cas concrets : une matinée pour comprendre les fondamentaux du GEO et identifier les leviers qui permettent aux marques de gagner en visibilité dans les réponses générées par l’IA. Plus d’infos.


14 octobre : Le Connected TV Paris Summit revient pour sa troisième édition ! Cet événement met en lumière le contexte du marché de la CTV, la stratégie commerciale des régies et des marques, les stratégies de distribution, l’innovation des services et les avancées technologiques pour aider les dirigeants de la télévision, des plateformes, des agences et les annonceurs à exploiter de nouvelles opportunités et à relever les défis de l’attention et de la fragmentation des audiences. Plus d’infos.


💡Rendez-vous demain dès 00h10 dans Première édition.


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