Mardi 3 novembre - #42
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Chaque soir, avant de rentrer, ce que la rédaction retient vraiment de la journée : un édito à chaud, les infos à ne pas manquer, pourquoi ça compte et ce qu'il faut suivre dans les prochains jours, et une nouvelle tech pour la route.
Ce n’est pas du pipeau. Les droits voisins pourraient bientôt s’appuyer sur une jurisprudence aussi solide en ligne que hors ligne, et ce pour tout l’écosystème, grâce à… un éditeur hongrois. Sur le banc des accusés, Google et son modèle Gemini. Au cœur du débat, les conditions d’utilisation des contenus. Le sujet charrie autant d’espoirs qu’une lampe renfermant un génie et ses trois derniers vœux, sauf que, cette fois, le génie a de bonnes chances d’en sortir. Si la Hongrie a toujours fait bande à part dans la partition de l’Union européenne, elle pourrait bien revenir s’asseoir au cœur de l’orchestre via l’instrument médiatique. Pour Google, la Liszt des créanciers risque de s’allonger !
Bonne lecture,
Vincent Thobel
Rédacteur en chef adjoint
Les trois news à ne pas manquer aujourd'hui : ce qui s'est passé, pourquoi ça compte et ce qu'il faut suivre dans les prochains jours.
Presse to save. L’avocat général de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), Maciej Szpunar, a rendu ses conclusions dans le litige entre l’éditeur hongrois Like Company et Google, accusé d’avoir exploité ses articles via Gemini, rapportent Les Echos. On attend encore la décision.
Pourquoi c'est important ? Les éditeurs de presse européens sont suspendus à cette décision : elle pourrait leur offrir un levier face aux géants de l’IA, et faire jurisprudence bien au-delà de la Hongrie, en France comme ailleurs. Pour l’avocat général, il y a deux affaires en une. L’entraînement des modèles, d’abord : rien ne prouve que des articles aient servi à entraîner Gemini, et cet usage est en règle générale libre au titre de la fouille de données. Mauvaise nouvelle pour les éditeurs. Les réponses en temps réel, ensuite, c’est le vrai levier : le droit voisin ne protège pas les faits, mais la forme des articles. La violation se joue sur deux critères : l’accès à l’article, illicite s’il contourne un mur payant, et une réponse qui reprend l’article de façon reconnaissable, au point de dispenser de le lire. Google en répond si ces pratiques font partie de son modèle économique, ou s’il n’a pas mis de garde-fous crédibles. C’est exactement le grief des éditeurs français, qui ont saisi l’Autorité de la concurrence en août et la Commission européenne lundi, depuis le lancement des aperçus IA de Google. Si la Cour suit son avocat général, ils tiendraient une grille de lecture européenne, mais elle ne les protégerait pas sur l’entraînement. Reste le dilemme, des deux côtés de l’Atlantique : disparaître des réponses de l’IA ou s’y laisser piller. Le “bouton anti-aspiration” promis par OpenAI, Google, Microsoft et Anthropic n’y change pas grand-chose, Microsoft prévenant déjà qu’un refus réduira la visibilité des sites.
À suivre : L’arrêt de la CJUE, dont la date n’est pas connue, puis la décision du juge hongrois de Budapest, qui a saisi la Cour avant de statuer.
Le gagnant rafle la mise. Ce mardi, en Californie, les électeurs doivent se prononcer sur un impôt sur la fortune exceptionnel de 5% visant les milliardaires pour financer le système de santé, les programmes d’éducation et d’assistance alimentaire.
Pourquoi c'est important ? D’après le sénateur indépendant Bernie Sanders, la Californie est désormais observée par tout le pays, où les inégalités se creusent de plus en plus depuis le retour de Donald Trump au pouvoir. D’après le syndicat à l’initiative de cette proposition, la taxe permettrait de compenser les coupes budgétaires engagées par le président.
Pas de suspense ici : la majorité des milliardaires californiens sont des patrons de la tech. Afin d’éviter l’adoption de cette mesure, certains d’entre eux – à l’instar de Sergey Brin, cofondateur de Google – lancent des campagnes massives pour empêcher les Californiens d’adhérer à la mesure, notamment en faisant croire que tous les citoyens devront à terme payer cette taxe. Le gouverneur californien Gavin Newsom s’oppose lui aussi à la mesure, craignant de voir les fortunes quitter le Golden State. Mais d’après la BBC, six milliardaires ont déjà quitté l’État, parmi lesquels Larry Page ou Peter Thiel. À l’inverse, le directeur général de Nvidia, Jensen Huang, a expliqué au micro de CBS : “Ça ne me dérange pas de payer des impôts. Le fait que je puisse me permettre de payer 8 milliards de dollars d’impôt sur cinq ans est un privilège. Je n’ai pas peur de payer des impôts. J’ai juste peur de finir pauvre.”au cœur de l
À suivre : Le vote risque d’être serré. Les derniers sondages montrent des résultats à 46% de votants pour et 52% contre.
Que le meilleur gagne. Zalando dépasse toutes les attentes grâce à l’utilisation de l’IA. Le célèbre site de commerce en ligne fait état d’un chiffre d’affaires supérieur aux prévisions pour le troisième trimestre.
Pourquoi c'est important ? Zalando vient de lancer son premier agent IA et rejoint la course effrénée du commerce agentique. Sur la ligne de départ, d’un côté, les plateformes comme Google ou Anthropic qui cherchent à devenir un point d’entrée des consommateurs sur Internet. De l’autre, les distributeurs comme Zalando ou Amazon qui veulent intégrer de l’IA pour garder la maîtrise de l’expérience d’achat et la relation client.
À suivre : En 2027, Zalando prévoit de lancer un service de paiement assisté par l’IA sur sa plateforme Zalando Extenso afin d’acheter auprès d’autres distributeurs en ligne… sans quitter l’application.
Tic, tac, tech…
Pas touche. Les quatre géants de l’intelligence artificielle (OpenAI, Google, Microsoft et Anthropic) travaillent à la mise en place d’un dispositif permettant aux éditeurs de presse de s’opposer à l’utilisation de leurs contenus pour entraîner leurs modèles d’IA. Annoncée le vendredi 30 octobre, l’initiative permettra de proposer un outil commun à tous. Un gain de temps pour les éditeurs qui devaient jusqu’ici gérer les IA au cas par cas. Cette annonce intervient dans un contexte de tensions entre les groupes technologiques et les éditeurs de presse, qui dénoncent l’exploitation de leurs articles sans autorisation ni rémunération. Toutefois, il faudra attendre 2027 pour voir la mise en place de ce dispositif.
Claude, dessine-moi un graph’ : sur les derniers résultats de l’étude TGI France de Kantar Media.
Pour 46% des abonnés au streaming musical, le prix de l’abonnement est le premier critère de choix, selon la dernière vague de l’étude TGI France de Kantar Media. Plus de détails demain dans Première édition.
La revue pressée
CMA Media veut exporter BFMTV et installer BFM Business à Bruxelles - The Media Leader
Channel 1, la chaîne d'info 100% IA qui n'a jamais vu le jour - La Revue des médias
Une étude révèle que les campagnes combinant audio, affichage extérieur et presse écrite renforcent l'impact sur la marque et l'activité commerciale - The Media Leader UK
Erik Tegnér : le nouveau chouchou des médias Bolloré - Libération
17 novembre : The Media Leader organise The Future of Media Paris, le grand rendez-vous cross-média du marché. Mesure, IA agentique, retail media, creator economy, valeur de l’information : les médias se réinventent pour rester puissants face aux plateformes. Annonceurs, agences, régies et éditeurs se retrouveront dans trois salles : la Leader Room pour les grandes tables rondes, la Media Room pour les retours d’expérience et la Tech Room pour le futur de l’achat média. La journée se conclura par la cérémonie du Hall of Fame, qui récompense 20 personnalités du marché pour les 20 ans de The Media Leader. De 9h à 20h au Pathé Palace (Paris 9e). Plus d’infos.
24 novembre : Innov’Audio Paris, le grand rendez-vous de l’audio digital français revient le mardi 24 novembre 2026 pour sa 9e édition ! Organisé par l’ACPM & Médiamétrie avec le soutien de Kantar Media, cet événement s’impose comme le rendez-vous des acteurs de l’écosystème audio en France. Plus d’infos.
💡 Rendez-vous demain dès 00h10 dans Première édition.
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