Canal+ : droit au but

TML Briefing, l'after work médias & pub par The Media Leader

Jeudi 22 octobre - #39

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Chaque soir, avant de rentrer, ce que la rédaction retient vraiment de la journée : un édito à chaud, les infos à ne pas manquer, pourquoi ça compte et ce qu'il faut suivre dans les prochains jours, et une nouvelle tech pour la route.

Pierre, feuille, ciseaux retournés. La Ligue 1 se pensait en position de force, c’était sans compter la remontada de Canal+. Après le naufrage Mediapro en 2018, la ligue professionnelle visait toujours le milliard d’euros pour ses droits en 2023. Aujourd’hui, elle peine à trouver des portefeuilles au cuir gonflé. Canal+ a contrôlé la situation sans dépense aucune sur l’achat de droits. La chaîne cryptée pourrait donc revenir à la table des négociations et réaliser la plus belle des Papinades.

Bonne lecture,
Vincent Thobel
Rédacteur en chef adjoint


Les trois news à ne pas manquer aujourd'hui : ce qu'il s'est passé, pourquoi ça compte et ce qu'il faut suivre dans les prochains jours.

Complètement foot. Canal+ n’exclut pas de participer au nouvel appel d’offres de la Ligue 1, qui sera ouvert du 3 novembre au 7 décembre, à condition d’y gagner de l’argent, a indiqué son patron, Maxime Saada.

Pourquoi c'est important ? Le foot français cherche toujours la sortie d'une crise des droits TV ouverte avec la faillite de Mediapro en 2018. À l'époque, les droits rapportaient près de 600 millions d'euros par an, un niveau jamais retrouvé depuis. Amazon a croqué 80% des matches en 2021, Canal+ s'est fâché et a tourné le dos aux enchères pour miser sur la Ligue des champions. Puis, en juin 2025, faute d'accord, il a refusé de distribuer la chaîne de la LFP, qui a lancé en urgence Ligue 1+, sans que les recettes suivent pour les clubs. Maintenant, c'est Maxime Saada qui pose ses conditions : le groupe n'a pas “vraiment besoin de ces droits”, et il ne paiera que si c'est rentable. Une position de force, d'autant que Canal+ défend sa rentabilité en France face à la menace d'un doublement de sa TVA.

À suivre : L’ouverture de l’appel d’offres le 3 novembre, qui dira si Canal+, Amazon, beIN Sports ou d’autres candidats se positionnent, et à quel prix.


Le ton est donné. Spotify compte désormais 306 millions d’abonnés payants (+9% sur un an) et 788 millions d’utilisateurs actifs par mois (+11%). Son chiffre d’affaires du troisième trimestre atteint 5 milliards d’euros (+16%) et son résultat d’exploitation 672 millions.

Pourquoi c'est important ? Pendant que Netflix supprime 1 000 postes, Spotify coche toutes les cases : croissance dans toutes les régions, coûts maîtrisés, et un modèle qui s’étend bien au-delà de la musique. Ses livres audio passent de 22 à plus de 180 marchés d’ici la fin de l’année, soit plus de 750 millions de personnes potentiellement concernées, tandis que son programme pour créateurs débarque dans plus de 35 nouveaux marchés, dont l’Italie, l’Espagne, le Brésil et le Mexique. Mais le plus savoureux est le discours : pour son co-PDG Gustav Söderström, Spotify fait partie des rares catégories qui prospéreront à l’ère des agents, car ces derniers servent à se débarrasser des corvées, et “personne ne demande à un agent de résumer une chanson”.

À suivre : Le déploiement des livres audio dans plus de 180 marchés d’ici la fin de l’année et celui du programme de partenariat dans plus de 35 nouveaux marchés, deux relais de croissance hors musique.


Only U. Coopérative U confiera à Unlimitail, la joint-venture créée en 2023 par Carrefour et Publicis, la monétisation de l’ensemble des formats publicitaires de son site Courses U (produits sponsorisés, display, vidéo) à partir du 1er janvier. L’alliance, annoncée aux Echos, réunit selon Unlimitail plus d’un tiers du marché alimentaire français.

Pourquoi c'est important ? Amazon pèse 15% du e-commerce européen, mais rafle 85 à 90% des revenus pub du retail media, selon des estimations rapportées par Unlimitail. Les enseignes françaises ont donc décidé de se serrer les coudes : Coopérative U rejoint la régie de Carrefour et Publicis, comme Intermarché et Auchan l'ont fait avant elle. Plus de poids pour les annonceurs, qui veulent un seul point d'entrée. Et un terrain où Amazon ne peut pas les suivre : les magasins physiques, où la pub se digitalise plus vite qu'en ligne. Coopérative U apporte justement ses 2 000 magasins, au-delà de son site Courses U (1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires). Alexis Marcombe, le président d'Unlimitail, ne cache pas son ambition : l'audience quotidienne cumulée dans l'alimentaire dépasserait celle d'une émission de “prime time”, de quoi lorgner les budgets télé. Avec une quarantaine d'enseignes en Europe et +35% de chiffre d'affaires cette année, la régie se dit prête à d'autres alliances.

À suivre : Le déploiement de l’offre dès le 1er janvier, puis le volet in-store de Coopérative U, ainsi que les prochaines alliances stratégiques d’Unlimitail dans un marché que le groupe souhaite voir se consolider.


Tic, tac, tech…

Boomerang. Cambridge Analytica, saison 2026 : huit ans après sa révélation, le scandale revient taper à la porte de Meta, avec une facture de 25 milliards de dollars signée par le Nouveau-Mexique. Un jury avait jugé le groupe coupable en septembre d'avoir été incapable de protéger les données de deux millions de résidents. Le juge a ensuite calculé l'amende à raison de 580 dollars par inscrit, loin des 219 milliards réclamés par l'accusation. Pour Meta, la note équivaut à 45 jours de chiffre d'affaires, ou cinq mois de résultat net 2025. Le groupe, qui s'était sorti du dossier en 2019 avec 5 milliards de dollars, compte faire appel. Le procureur Raúl Torrez, lui, enchaîne : sa deuxième victoire en six mois contre Meta, après sa condamnation à 975 millions de dollars, également contestée, pour mise en danger d'adolescents. De quoi rappeler que, pour les Big Tech, le plus dur n'est pas Washington mais les États.

Claude, dessine-moi un graph’ : sur l’impact des créateurs de contenu sur l’information politique.

Selon le baromètre /influx x Odoxa, 40% des Français ont regardé au cours des douze derniers mois la vidéo d’un créateur de contenu (YouTube, podcast, Facebook, Instagram, TikTok) pour s’informer sur un sujet d’actualité politique, soit près de 22 millions de personnes. Plus de détails demain dans Première Édition.

La revue pressée

“Ligue 1+ offre beaucoup moins aux clubs que DAZN il y a deux ans” : la LFP au défi de trouver un diffuseur providentiel pour le championnat - Le Figaro


IA : le chinois DeepSeek lève un record de près de 15 milliards de dollars - Les Echos


Raphaël Porte quitte la direction générale de RMC BFM Ads - The Media Leader


Will creator marketing ever be measured on par with other media channels? - The Media Leader UK

17 novembre : The Media Leader organise The Future of Media Paris, le grand rendez-vous cross-média du marché. Mesure, IA agentique, retail media, creator economy, valeur de l’information : les médias se réinventent pour rester puissants face aux plateformes. Annonceurs, agences, régies et éditeurs se retrouveront dans trois salles : la Leader Room pour les grandes tables rondes, la Media Room pour les retours d’expérience et la Tech Room pour le futur de l’achat média. La journée se conclura par la cérémonie du Hall of Fame, qui récompense 20 personnalités du marché pour les 20 ans de The Media Leader. De 9h à 20h au Pathé Palace (Paris 9e). Plus d’infos.


Jusqu’au 30 octobre : votez pour le Hall of Fame des 20 ans de The Media Leader. Pour marquer ses 20 ans, The Media Leader, fondé sous le nom d’OffreMedia, lance un Hall of Fame. Les lecteurs sont invités à voter parmi plus d’une centaine de personnalités du marché français. Les vingt personnalités distinguées seront célébrées le 17 novembre lors de The Future of Media Paris, au Pathé Palace. Plus d’infos.


💡 Rendez-vous demain dès 00h10 dans Première édition.


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