Mercredi 21 octobre - #38
En partenariat avec
Chaque soir, avant de rentrer, ce que la rédaction retient vraiment de la journée : un édito à chaud, les infos à ne pas manquer, pourquoi ça compte et ce qu'il faut suivre dans les prochains jours, et une nouvelle tech pour la route.
Moteur, actions ! 1995 signe l’acte de naissance de Getty Images. Plus de 30 ans plus tard, le géant de la photographie signe (presque) son acte de décès… et devient un symbole malgré lui. L’entreprise qui nourrit de nombreux médias, qui semblait indélogeable de son loft médiatique, mange finalement de la même brioche que ses clients, assis au bout des actionnaires au visage mué en philanthropie. De la love money, comme on dit aujourd’hui. Pas de quoi tirer un bon film de cette image, de ces images. À la fin, le moteur d’une boîte sera toujours ses actions. Générique.
Bonne lecture,
Vincent Thobel
Rédacteur en chef adjoint
Les trois news à ne pas manquer aujourd'hui : ce qu'il s'est passé, pourquoi ça compte et ce qu'il faut suivre dans les prochains jours.
Négatif. Getty Images a annoncé avoir engagé une procédure de faillite devant le tribunal fédéral du Delaware.
Pourquoi c'est important ? Voici un paradoxe : une entreprise se déclare en faillite, et personne ne panique. Getty Images continue de fonctionner normalement, et tout le monde y trouve son compte. Les créanciers qui détiennent 83,5% des obligations acceptent d'effacer 270 millions de dollars de dette, ce qui n'a rien de généreux : mieux vaut récupérer une partie d'une créance que de voir l'entreprise s'effondrer. La famille Getty et Koch Equity Development injectent jusqu'à 533 millions de dollars, et en échange, ils sortiront avec 100% du capital, à l'abri d'une Bourse de New York qui s'apprêtait de toute façon à radier un titre durablement sous 1 dollar. Le calcul tient aux chiffres : 206,1 millions de dollars de perte en 2025 pour 981,29 millions de chiffre d'affaires, puis 90,37 millions de perte au premier semestre 2026. Faute d'avoir pu fusionner avec Shutterstock, opération bloquée par les autorités britanniques de la concurrence, Getty n'avait plus qu'une option : restructurer sa dette. Pour l'AFP et les médias qui s'appuient sur l'agence, l'essentiel est que le service continue. Pour le secteur de l'image, le message est plus brutal : même un leader de la photo ne survit plus sans que ses actionnaires remettent de l'argent et que ses créanciers renoncent à une partie de leur dû.
À suivre : L’achèvement du plan d’ici la fin de l’année, une fois les autorisations réglementaires obtenues, et l’approbation formelle par le tribunal.
Money, honey. Anthropic prépare son entrée en Bourse, selon le Wall Street Journal. Sur les six premiers mois de 2026, l’entreprise a encaissé 16,3 milliards de dollars, soit quinze fois plus qu’un an plus tôt, mais affiche aussi une perte de 80,7 milliards.
Pourquoi c'est important ? Une perte cinq fois supérieure aux revenus, ça fait peur. Sauf que 72 milliards de ces 80,7 milliards n'existent que sur le papier. Des investisseurs ont prêté à Anthropic via des titres qu'ils peuvent convertir en actions : plus l'entreprise vaut cher, plus ces futures actions valent cher, donc plus elle les “doit” sur le papier. La valorisation visée étant passée de 380 milliards de dollars en février à 2 000 milliards, la dette théorique a explosé, et la comptabilité l'a notée en perte, sans qu'un dollar sorte de la caisse. Côté argent réel, ça s'arrange : la puissance de calcul, près de 9 milliards sur le semestre, est désormais couverte par les revenus, et le troisième trimestre, à 16,8 milliards, permet de revendiquer une première rentabilité “ajustée”. Le vrai sujet est ailleurs : environ 450 milliards de dollars de cloud à payer sur sept à dix ans, dont 111 à Google et 110 à Amazon. Cette facture-là sera bien réelle, et elle représente près de sept ans de chiffre d'affaires. Le risque : l'opposition locale aux centres de données pourrait retarder la capacité attendue. L'objectif d'une introduction à 2 000 milliards, plus grosse que celle de SpaceX, reste pourtant intact.
À suivre : Le calendrier de l’introduction en Bourse, aucune date ferme n’étant publique après un premier report évoqué pour la mi-octobre, et les prochaines versions du prospectus, qui préciseront le passif et la trajectoire de rentabilité.
Ikke fornøyd (pas content). L’Association norvégienne des médias (MBL) et la NRK ont mis en demeure Meta, accusée de tirer profit de fausses publicités usurpant l’identité de médias norvégiens.
Pourquoi c'est important ? Les médias norvégiens ne se contentent plus de râler, ils pointent la responsabilité de Meta : c’est elle qui valide les pubs, encaisse leur diffusion et les sert à des internautes ciblés, rappelle la présidente de MBL, Lene Eltvik Vindfeld. Résultat, des annonces qui singent des articles de presse pour attirer vers des sites frauduleux, au détriment des victimes, des personnalités dont l’image est détournée et de la crédibilité du journalisme. Les éditeurs réclament un contrôle d’identité renforcé des annonceurs et une compensation égale aux bénéfices tirés de ces annonces. Pour une marque de presse, la crédibilité est le fonds de commerce, et chaque fausse annonce qui l’emprunte l’entame. Les éditeurs mettent désormais ce risque en face de ce que Meta encaisse.
À suivre : La réponse de Meta à la mise en demeure d’ici le 2 novembre, et la décision des médias norvégiens d’engager ou non des poursuites.
Tic, tac, tech…
IAlloween. Netflix voulait faire peur, Clem Delangue n'a pas ri. Le patron de Hugging Face, victime de l'attaque racontée dans “AI Gone Rogue”, juge le film “super décevant” : “maximum d'anthropomorphisme” et mode “doomer”, alors qu'il a passé plus de deux heures à répéter que les agents sont des systèmes techniques, pas des extraterrestres. Au menu du documentaire, des agents à la voix humaine, une “hiérarchie”, un air de “secte”, alors que ces citations viennent des notes de raisonnement de modèles qui ont avalé des tonnes de textes humains et dramatisent à merveille. Un agent ne risque pas l'empoisonnement. Restent trois oubliés de taille : l'absence de confinement des agents d'OpenAI, les garde-fous du modèle fermé qui ont bloqué la défense de Hugging Face, et le modèle ouvert qui a sauvé la mise. Verdict de Clem Delangue : un “film de science-fiction amusant”.
Claude, dessine-moi un graph’ : sur l’utilisation de l’IA chez les marques.
Selon l’édition EMEA du rapport Global Insights 2026 de DoubleVerify, 41% des consommateurs français auraient une perception négative d’une marque utilisant l’IA pour créer des publicités de faible qualité, artificielles ou étranges, dont 26% de manière très négative. Plus de détails demain dans Première édition.
La revue pressée
Doctolib en France, Revolut au Royaume-Uni… Pourquoi Nvidia arrose massivement les start-up européennes - Les Echos
GTA VI a-t-il vraiment besoin de publicité ? - The Media Leader
Creators offer ‘more than reach’: What’s driving creator partnership growth? - The Media Leader UK
17 novembre : The Media Leader organise The Future of Media Paris, le grand rendez-vous cross-média du marché. Mesure, IA agentique, retail media, creator economy, valeur de l’information : les médias se réinventent pour rester puissants face aux plateformes. Annonceurs, agences, régies et éditeurs se retrouveront dans trois salles : la Leader Room pour les grandes tables rondes, la Media Room pour les retours d’expérience et la Tech Room pour le futur de l’achat média. La journée se conclura par la cérémonie du Hall of Fame, qui récompense 20 personnalités du marché pour les 20 ans de The Media Leader. De 9h à 20h au Pathé Palace (Paris 9e). Plus d’infos.
Jusqu’au 30 octobre : votez pour le Hall of Fame des 20 ans de The Media Leader. Pour marquer ses 20 ans, The Media Leader, fondé sous le nom d’OffreMedia, lance un Hall of Fame. Les lecteurs sont invités à voter parmi plus d’une centaine de personnalités du marché français. Les vingt personnalités distinguées seront célébrées le 17 novembre lors de The Future of Media Paris, au Pathé Palace. Plus d’infos.
💡 Rendez-vous demain dès 00h10 dans Première édition.
TML Briefing est un média édité par The Media Leader et propulsé par Kessel. Pour vous désabonner de cette newsletter, veuillez vous désabonner sur “Se désabonner”.
Cela ne vous désabonne pas des autres envois de The Media Leader.
Vous souhaitez être partenaire de TML Briefing : contact@themedialeader.pro
