Mardi 20 octobre - #37
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Chaque soir, avant de rentrer, ce que la rédaction retient vraiment de la journée : un édito à chaud, les infos à ne pas manquer, pourquoi ça compte et ce qu’il faut suivre dans les prochains jours, et une nouvelle tech pour la route.
5 fruits et légumes par jour. “Scroller n’est pas regarder”, martelait l’ADMTV dans sa dernière campagne. Désormais, scroller, c’est acheter. Les Français ne se refusent plus rien et remplissent leur panier au cœur même des réseaux sociaux, sans pour autant faire totalement confiance aux vendeurs qui s’y trouvent. Normal, le social reste l’un des recoins les moins brand safe des Internets. Alors, plus de la moitié des sondés se disent prêts à confier leurs courses à une IA. Une façon commode de se déresponsabiliser si l’achat tourne mal. On regrettera bientôt la feuille de laitue coincée dans la roue du caddie. Elle, au moins, ne nous racontait pas de salades.
Bonne lecture,
Vincent Thobel
Rédacteur en chef adjoint
Les trois news à ne pas manquer aujourd’hui : ce qu’il s’est passé, pourquoi ça compte et ce qu’il faut suivre dans les prochains jours.
Achat compulsif. Selon la deuxième édition du Baromètre du Social Commerce de Colissimo, réalisé avec l’Ifop, la part des Français ayant déjà payé directement sur un réseau social est passée de 9% à 15% en six mois, et atteint 39% chez les moins de 25 ans. 87% des acheteurs se disent satisfaits.
Pourquoi c’est important ? Sur les réseaux sociaux, on ne fait plus que regarder, on passe à la caisse : 46% des Français savent qu’ils peuvent payer directement sur une plateforme, contre 37% fin 2025, et deux tiers des acheteurs y font au moins un achat par trimestre. Le déclic ? Une promo ou un avantage exclusif (35%), bien avant la découverte d’un produit, la rapidité ou la vidéo qui donne envie (28% chacun). Les non-acheteurs, eux, ont peur : 56% craignent les arnaques, 39% se méfient des vendeurs. Et une fois le colis commandé, c’est la livraison qui fâche, avec des délais trop longs pour 33% des acheteurs. Jean-Yves Gras, de Colissimo, y voit un enjeu de confiance jusqu’à la réception, ce qui tombe bien pour un transporteur. Petite précaution : ces 15% mesurent les Français ayant déjà acheté, pas la part du commerce en ligne, qui reste de 8% des achats pour le social commerce selon Awin, contre 33% pour les marketplaces. Prochaine étape : 51% des e-acheteurs se disent prêts à laisser une IA chercher, comparer et payer à leur place, sous la même condition de confiance. Muse et consorts peuvent se frotter les mains.
À suivre : La capacité des plateformes et des vendeurs à lever les freins de confiance et de livraison, et l’adoption réelle des agents d’achat IA, que les consommateurs disent accepter plus facilement qu’ils ne les utilisent aujourd’hui.
Pour notre pomme. Apple a justifié les restrictions mises en place dans WebKit, le moteur de Safari et des navigateurs de l’iPhone et de l’iPad, qui bloquent les technologies de “résolution d’identité” utilisées par l’adtech pour suivre les internautes d’un site à l’autre.
Pourquoi c’est important ? Pour Apple, bloquer les cookies tiers ne suffit plus : des entreprises comme The Trade Desk ou LiveRamp ont créé des identifiants de remplacement, souvent bâtis sur l’adresse e-mail, et un internaute qui la donne pour se connecter ne s’attend pas à ce qu’elle serve à le suivre d’un site à l’autre. Le secteur, lui, a investi des fortunes dans ces graphs ID : 83,76% de 600 000 sites en utilisaient en mai 2025, selon une étude universitaire. Les annonceurs redoutent moins de portée, des prix plus élevés et une mesure plus floue, au profit de Meta et de Google, protégés par leurs données de connexion. Et Apple prévient que tout contournement sera traité “avec la même gravité” qu’une faille de sécurité, avec de nouvelles restrictions possibles sans préavis. Selon AdExchanger, une liste pourrait même bloquer des centaines d’acteurs. L’addition reste à chiffrer : seuls 8% des utilisateurs avaient fait la mise à jour début octobre, pour une perte d’environ 1% des revenus des éditeurs selon Aditude.
À suivre : La montée en puissance d’iOS 27 dans le parc d’appareils, qui déterminera l’ampleur réelle de la perte, et la liste des acteurs concernés, dont la définition exacte d’un “fournisseur de résolution d’identité” reste floue.
Toujours +. Skylink deviendra Canal+ le 22 octobre en République tchèque et en Slovaquie, avec sept chaînes Canal+, dont quatre nouvelles, et plus de 20 000 contenus à la demande dans l’application.
Pourquoi c’est important ? Pendant que la France lui cherche des noises fiscales, Canal+ plante son drapeau à Prague. Skylink disparaît au profit de la marque maison, avec le même modèle qu’ailleurs : un bouquet premium qui mêle télévision et streaming, des contenus exclusifs et du sport, ici Premier League et tournois WTA. Quatre nouvelles chaînes (Canal+, Drama, Crime et Classics) viennent s’ajouter à Action et Sport, et le groupe promet d’investir davantage dans les contenus et les talents locaux, tchèques et slovaques. L’ambition européenne affichée a de quoi contraster avec le discours tenu en France, où Canal+ se dit “péniblement rentable” et menace de réduire ses investissements dans le cinéma si la TVA sur ses abonnements double. Quand le marché historique est sous pression, l’étranger devient un relais de croissance tout trouvé.
À suivre : Le changement de marque effectif le 22 octobre, puis les investissements promis dans les contenus locaux, qui diront si Canal+ peut s’imposer face aux acteurs établis en Europe centrale.
Tic, tac, tech…
Bloqué. Meta vient de confirmer, sans le vouloir, qu’elle bloque Claude. Le week-end dernier, le compte Instagram du mouvement No Kings, qui mobilisait ses troupes dans tout le pays, a disparu pendant près de 90 minutes. Explication d’Andy Stone, le porte-parole de Meta : le système a détecté l’usage d’un outil Claude qui lisait profils, posts et hashtags, avec un volume multiplié par quatre en rafales le 17 octobre, et a pris le compte pour un robot. Le mouvement répond qu’il n’avait publié que quelques fois la veille. Le plus intéressant n’est pas l’excuse, c’est l’aveu : c’est la première fois que Meta dit publiquement bannir des comptes parce qu’une IA les parcourt. Rien d’étonnant, à y regarder de près : Meta a lancé son propre agent, Muse, en septembre, et comme Amazon, Delta ou JP Morgan, elle se bâtit des douves contre les agents des autres. Chacun veut que son IA soit celle qui franchit les douves des voisins.
Claude, dessine-moi un graph’ sur l’impact du social commerce.
Selon le Budget Report 2027 de Kolsquare, 89% des marques prévoient d’augmenter leur budget de marketing d’influence en 2027, et 79% considèrent ce levier comme un canal central ou important. Plus de détails demain dans Première édition.
La revue pressée
Fnac Darty : la Commission européenne autorise l’OPA du milliardaire Daniel Kretinsky - Stratégies
[Exclusif] Les régies de l’Alliance de la Radio s’engagent pour la transparence et l’avenir de la mesure - The Media Leader
Journalists who built careers in traditional publishing are leaving it for the creator economy - The Media Leader UK
10 novembre : Azerion et Westfield Rise organisent un Azerion Morning consacré au parcours shopper, du lieu de vente au média. Écrans en galerie, contenus diffusés en boutique, données de fréquentation ou assistants IA : le point de vente est devenu un espace média à part entière. Marques, retailers, agences et experts de la mesure se retrouveront pour débattre d’une question : comment faire de chaque étape du parcours shopper un levier business mesurable ? Au programme, keynotes et tables rondes nourries de retours d’expérience, de 9h à 12h chez Westfield Rise (Paris 16e). Plus d’infos.
Jusqu’au 30 octobre : votez pour le Hall of Fame des 20 ans de The Media Leader. Pour marquer ses 20 ans, The Media Leader, fondé sous le nom d’OffreMedia, lance un Hall of Fame. Les lecteurs sont invités à voter parmi plus d’une centaine de personnalités du marché français. Les vingt personnalités distinguées seront célébrées le 17 novembre lors de The Future of Media Paris, au Pathé Palace. Plus d’infos.
💡 Rendez-vous demain dès 00h10 dans Première édition.
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