Mercredi 4 novembre - #43
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Chaque soir, avant de rentrer, ce que la rédaction retient vraiment de la journée : un édito à chaud, les infos à ne pas manquer, pourquoi ça compte et ce qu'il faut suivre dans les prochains jours, et une nouvelle tech pour la route.
Salut la commu ✌️ 2026, l’année de la creator economy ? Oui. C’est en tout cas ce qui transpirait aux Cannes Lions. Une étude vient de sortir et… gros coup de clim sur le marché : plus de 10 milliards de revenus, rien que pour la France. Face aux chiffres, les médias historiques sont en malaise vagal (même si certains tentent de raccrocher les wagons en croisant les genres). Bref, le tout petit écran a supplanté le petit et le grand en un clignement de paupières. Et il marche sur leurs plates-bandes ! Alors, que fait la police ? Elle est sur M6 à la recherche de Michou et Stomy Bugsy. Si une affiche “Most Wanted” était accrochée devant le bureau du shérif, ce ne serait pas pour rechercher ces nouveaux ennemis publics, mais la ménagère de moins de 50 ans, portée disparue depuis l’arrivée de TikTok.
Bonne lecture,
Vincent Thobel
Rédacteur en chef adjoint
Les trois news à ne pas manquer aujourd'hui : ce qu'il s'est passé, pourquoi ça compte et ce qu'il faut suivre dans les prochains jours.
Squeezée. La “creator economy” a généré l’an dernier 10,1 milliards de dollars de revenus en France (+23,7%), selon une étude de Coherent Market Insights réalisée pour la Paris Creator Week.
Pourquoi c'est important ? Peu d'industries doublent de taille tous les trois ans, souligne Marc Lesage-Moretti, cofondateur de la Paris Creator Week, dans Le Figaro, et la creator economy s'apprête à recommencer : 10,1 milliards de dollars aujourd'hui en France, 19,2 milliards attendus d'ici trois ans, pour 227 000 emplois en équivalent temps plein. Derrière les Squeezie, la réalité est plus modeste : sur 450 000 créateurs, plus de la moitié ont moins de 10 000 abonnés, et la majorité tire moins de 10% de ses revenus de cette activité. Mais les marques ont changé de braquet. EDF fait de l'humour avec Guillaume Genou (5 millions de vues), une filiale d'Orange coproduit le documentaire de Ludoc. Les créateurs lancent leur kombucha ou leurs barres protéinées, et les capitaux suivent : six opérations en huit mois, contre 13 sur les cinq années précédentes, dont le rachat de “Stop the train” par Banijay, 25% de “Legend” cédés à FG Bros pour 17 millions d'euros et Point d'Orgue passé chez Publicis. À BNP Paribas, on finançait un commercial, on finance désormais des catalogues. Reste un angle mort : la mesure, que les experts jugent encore trop éloignée de celle des autres médias.
À suivre : la suite de la consolidation avec des transactions qui changent d’échelle et des acteurs structurés qui rachètent formats, catalogues et agences.
Groland sur la patate. Canal+ a confirmé que “Groland”, son émission satirique qui parodie l’actualité à partir d’un petit pays imaginaire, prendra fin le 12 décembre lors d’une soirée spéciale.
Pourquoi c'est important ? Plus qu’une émission, c’est une époque qui se referme. “Groland” était l’un des derniers symboles de l’esprit Canal, cet humour impertinent qui a fait la réputation de la chaîne dans les années 1980 et 1990. Ses créateurs l’ont préservé jusque dans un Canal+ passé dans le giron de Vincent Bolloré, dont Benoît Delépine dit qu’il “a respecté une forme d’exception culturelle” avec le programme. La fin s’est préparée en douceur : plus de rendez-vous hebdomadaire depuis juin 2025, des figures disparues ou parties, puis un arrêt que la chaîne présente comme un choix des créateurs. Canal+ salue une émission qui a “marqué durablement” l’histoire de la chaîne et du paysage audiovisuel. Reste une question que le texte ne tranche pas : que devient la satire à l’antenne, à quelques mois d’une présidentielle, quand l’un de ses derniers refuges s’éteint ?
À suivre : la soirée spéciale du 12 décembre, qui clora l’émission, et ce que Canal+ mettra à la place de ce rendez-vous pour tenir son rôle d’humour et de satire en clair.
What else? L’Advertising Association, l’IPA et l’IAB UK s’engagent à lancer un groupe de travail, piloté par Isba, l’organisation des annonceurs britanniques, pour cartographier la façon dont les contenus nuisibles attirent des revenus publicitaires.
Pourquoi c'est important ? Qui finance les contenus haineux ? Les professionnels britanniques de la publicité ont décidé de regarder la question en face : un groupe de travail piloté par Isba va cartographier la façon dont ces contenus attirent des revenus, repérer les failles des garde-fous de brand safety, puis recommander des guides pour annonceurs et agences, des principes de transparence pour les plateformes et des conseils pour les petites marques. Le calendrier est tout sauf anodin : il arrive après la note cinglante d'un groupe anonyme réuni par Inside Track, qui accuse les organisations professionnelles, les agences et l'adtech d'avoir “ignoré ou mis de côté” ceux qui réclament de vraies réformes. Un de ses membres les juge trop lentes et soumises à l'influence de plateformes comme Amazon, ByteDance, Google et Meta, devenues parmi les plus gros vendeurs de publicité du pays. L'Advertising Association répond que le groupe était en préparation depuis des mois. Il comble en tout cas un vide : l'Online Advertising Taskforce, qui réunit industrie et gouvernement, se concentre sur la publicité illégale et sur les enfants, pas sur la monétisation des contenus haineux.
À suivre : Les premiers travaux du groupe, dont aucun calendrier n’est annoncé, et la réponse du gouvernement à la demande d’Inside Track de consulter un cercle plus large que les organisations professionnelles.
Tic, tac, tech…
Ménage de printemps en automne. ChatGPT fait le ménage dans ses onglets. À partir de décembre, OpenAI fusionne “Chat” et “Work” pour qu'on passe de l'idée à sa réalisation au même endroit : importer ses fichiers, demander un site web, une présentation ou des tâches sur le web, en gardant la main sur le travail de l'IA. Le changement sera d'abord testé auprès d'une sélection d'utilisateurs, et Codex restera un espace à part dans l'application de bureau. Côté coulisses, les abonnés Plus, Pro et Business verront ChatGPT et Codex puiser dans le même quota de jetons, le chat instantané n'étant pas décompté. Petit bémol : selon leur usage et le modèle choisi, certains pourraient attendre plus longtemps avant que leur quota se réinitialise, même si OpenAI jure que la plupart ne verront rien venir. Anthropic avait ouvert la voie en septembre en réunissant le chat et les fonctions d'agent de Claude sur un seul écran : les deux rivaux se ressemblent désormais jusque dans leur navigation.
Claude, dessine-moi un graph’ : les Français et l’adblock.
Selon une étude de DoubleVerify, 44% des consommateurs français déclarent utiliser un bloqueur de publicité, contre 47% à l’échelle mondiale. Plus de détails demain dans Première Édition.
La revue pressée
Plusieurs groupes d'éditions indépendants s'unissent pour mettre fin au pillage des IA - Les Echos
“Groland” s’arrête en décembre après trente-quatre ans d’humour satirique sur Canal+ - Le Monde
Upfront TF1+ : feed vertical, performance, agentique… la feuille de route de Sylvia Tassan Toffola (TF1 PUB) - The Media Leader
The Future of Media London 2026 - The Media Leader UK
17 novembre : The Media Leader organise The Future of Media Paris, le grand rendez-vous cross-média du marché. Mesure, IA agentique, retail media, creator economy, valeur de l’information : les médias se réinventent pour rester puissants face aux plateformes. Annonceurs, agences, régies et éditeurs se retrouveront dans trois salles : la Leader Room pour les grandes tables rondes, la Media Room pour les retours d’expérience et la Tech Room pour le futur de l’achat média. La journée se conclura par la cérémonie du Hall of Fame, qui récompense 20 personnalités du marché pour les 20 ans de The Media Leader. De 9h à 20h au Pathé Palace (Paris 9e). Plus d’infos.
24 novembre : Innov’Audio Paris, le grand rendez-vous de l’audio digital français, revient le mardi 24 novembre 2026 pour sa 9e édition ! Organisé par l’ACPM et Médiamétrie avec le soutien de Kantar Media, cet événement s’impose comme le rendez-vous des acteurs de l’écosystème audio en France. Plus d’infos.
💡 Rendez-vous demain dès 00h10 dans Première édition.
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